Maître Jean-Yves LETERME conçoit sa mission d’avocat comme un combat pour ses clients. Pour lui la médiation n’est qu’un effet de mode qui trouve rapidement ses limites car, il en est convaincu, la justice doit passer. Installé à CHINON et TOURS depuis 1997, le combat se poursuit en fusionnant avec le Cabinet DEVAUD, Avocats à SAUMUR.

 

Maître LETERME, vous dites ne pas croire aux vertus du « règlement apaisé des conflits » alors que cette notion est pourtant dans l’air du temps. Quelle serait l’alternative ?

 

Jean-Yves LETERME : Ionesco écrivait « l’exception, c’est l’idiot ». Très généralement les clients et à fortiori les chefs d’entreprise, n’ont pas envie d’aller au conflit judiciaire ; aussi, lorsqu’une solution amiable peut être trouvée, elle se dégage naturellement dès le début du litige. Les avocats n’ont pas attendu les injonctions gouvernementales pour pratiquer le protocole transactionnel. Rendre obligatoire la médiation préalable à la saisine du juge handicape la rapidité des procédures déjà longues et complexes, et de manière empirique, je constate que cela n’aboutit pas et provoque une frustration chez les clients. A mon sens, le médecin comme l’avocat son des métiers étroitement liés à la nature humaine, dont la maladie comme le conflit font partie. Dans une société civilisée, démocratique et organisée, le conflit se règle devant les tribunaux. En tant qu’avocat, je suis le porte-parole du point de vue du client face au juge. Nous voulons aboutir, mais au final il y a bien un gagnant et un perdant. C’est donc un métier de combat, qui implique de connaître les règles du jeu et aussi une vraie gymnastique intellectuelle parce que chaque dossier amène la découverte d’un nouveau contexte.

 

Cette combativité trouve ses racines dans votre histoire familiale ?

J-Y. L : oui, c’est assez facile à lire : ma mère était ouvrier, émigrée en France avec la Guerre d’Espagne. Mon père était médecin à Tours mais il est décédé en 1968, j’avais deux ans. Elle m’a élevé dans cet esprit de combat. Je suis un produit de la méritocratie républicaine et d’une volonté de revanche sociale.

 

Comment êtes-vous devenu avocat ?

J-Y. L : j’ai repris des études de droit pendant mon engagement dans l’armée. En 1991 j’ai été diplômé à Nanterre. Mais je ne me plaisais par à Paris et le commerce international ne nourrissait pas mon envie de connaître l’humain. C’est pourquoi je me suis ensuite tourné vers un métier dont le sens est d’être au service des gens. En 1993 j’ai intégré l’Ecole des avocats de Poitiers, puis rejoint à Tours le Cabinet de Dominique GROGNARD et Alexis LEPAGE, fondateurs de ce qui est devenu aujourd’hui le Cabinet WALTER & GARANCE. Ce sont mes anciens patrons qui m’ont donnée l’idée de m’installer à mon compte sur Chinon.

En 1997, j’y ai débuté seul, sans dossier et c’a c’était un vrai combat. A l’époque, la ville ne comptait aucun avocat. J’ai aussi eu la chance d’arriver au bon moment dans un désert judiciaire.

 

Aujourd’hui, quelle est la « carte d’identité » de votre cabinet ?

J-Y. L : Notre cabinet est certifié ISO. Nos valeurs sont : écouter, s’engager, ciseler les dossiers ; travailler avec rigueur et en proximité. Je dirige une société de plusieurs avocats où je suis pour l’instant le seul associé. Nous intervenons à hauteur d’environ 30 % en droit de la famille (divorce, séparation, partage après divorce, succession etc…) 20 % en droit du travail, 20 % en droit commercial (baux commerciaux, contrat d’agent, de sous-traitant, statuts de société, séparation entre associés, recouvrement de créance et conflit commercial) pour le reste, les interventions sont variées : accidents, assurance, immobilier et construction.

 

Vous vous présentez comme un cabinet généraliste, mais l’entreprise occupe une part croissante de votre activité. Comment l’expliquez-vous ?

J-Y. L : j’ai fait beaucoup de pénal en début de carrière, puis de fil en aiguille avec le bouche à oreille, j’ai développé une clientèle en droit de la famille, peu à peu il s’y est ajouté des interventions dans les conflits au prud’homme, le droit de la construction, les accidents, les assurances etc… Au fur et à mesure des années le cabinet s’est étoffé. C’est pourquoi en 2016 j’ai fait construire 400 m2 de bureaux modernes dans la zone commerciale du Blanc Carroi à Chinon. Cela permet de meilleures conditions de travail pour mes équipes, une meilleure visibilité, et tout naturellement les TPE-PME m’ont confié plus de contentieux.

 

Cette activité au contact du monde de l’entreprise va s’épanouir sur un nouveau secteur géographique.

Lequel et pourquoi ?

J-Y. L : le chinonais regarde vers le saumurois et le cabinet suit évidemment le courant d’affaire des clients, ce qui explique la fusion qui sera opérée prochainement avec le Cabinet DEVAUD, Avocats à Saumur. Cela permettra d’une part d’être présents sur l’axe Tours Chinon Saumur, d’autre part en interne une répartition plus fine des dossiers pour assurer au client une prise en charge encore plus efficace.