Mathieu Roquet, le vigile, et Johathan Besnard ont été reconnus coupables à égalité dans la mort d’un client de la discothèque de Benais. Avec l’audition de témoins directs du drame qui s’est déroulé le 27 mars 2004 à la discothèque Le Loft. de Benais le procès du vigile Mathieu Roquet et de Jonathan Besnard a pris hier une autre dimension. Ce soir-là, Ludovic Moy avait perdu la vie après avoir été frappé. “Il a fait un bond d’au moins trois mètres en arrière après avoir reçu le coup de pied de Roquet, a expliqué Alexia Denise, qui dispose d’un brevet de secourisme. Malgré son poids. il a littéralement volé et sa tête a frappé le sol. Ensuite. Jonathan Besnard, très énervé, l’a secoué en disant “j’vais l’acheuver pour que le vigile prenne”. Il l’a frappé d’un coup de pied comme si c’était un ballon de foot.
Il ne faut pas être normal pour faire ça. Après le premier coup, Ludovic n’était pas bien. Après le deuxième, j’ai observé une aggravation très nette de son état.” Présent aussi au moment de l’incident, Mehdi Sedyame a confirmé ce témoignage. “II n’existait aucune raison de frapper Ludovic, tellement saoul qu’il ne tenait plus debout. Le premier coup de pied au visage était totalement disproportionné face a un individu pas agressif.

UN GESTE DISPROPORTIONNÉ

Et Fabrice Henry, vigile au gabarit impressionnant, a complété ce second récit. “Besnard a frappé la victime comme s’il voulait dégager un ballon de foot. je n’en croyais pas mes yeux et je suis intervenu pour l’empêcher de recommencer.” En face, les deux accusés se sont montrés plus que maladroits à la barre. Sûr de lui et d’avoir bien agi. Mathieu Roquet a invoqué la peur que lui aurait inspirée la victime pour justifier son coup de pied au visage. “Il est venu vers moi en levant les mains et j’ai pris ça pour un geste d’agression. J’ai voulu me protéger.” Du bout des dents, il finit cependant par reconnaître “la disproportion de son geste”. Pour sa part, Jonathan Besnard se montra encore plus obtus.“Non, jamais il n’a donné un coup de pied à son copain déjà étendu pour le compte parle vigile. Deux comportements vilipendés par Maître Morin, avocat de la famille Moy, partie civile. “Durant tout le procès, Roquet est resté de glace face à un acte délibéré,
contraire aux règles de son métier. Besnard, lui, ne reconnaît pas les faits car il ne peut admettre avoir cogné un copain qu’il considérait comme son frère.” Et au terme d’un réquisitoire juridiquement très argumenté, l’avocat général Maître Lorrain ne vit pas de différences de responsabilité entre les deux accusés. Il requit donc deux peines de six ans de prison avec une très légère possibilité d’aménagement (sursis) pour Roquet. Que leur client ait frappé la victime ne faisait aucun doute. Mais ce coup n’avait certainement pas entraîné la mort, plaidèrent. en s’appuyant sur les conclusions des experts, Maître Leterme et Maître Devaud en faveur de Besnard. Quant à Maître Egon, il affirma que la réaction de Roquet était celle d’un homme déjà agressé qui, ce soir-là, n’avait pas eu de chance. Après deux heures de délibération, la cour a finalement condamné Besnard à 5 ans de prison ferme et Roquet à la même peine mais assorti d’un an avec sursis et d’une mise à l’épreuve pendant trois ans avec interdiction d’exercer un métier dans la sécurité.