Accusé d’avoir tue ses voisins, en janvier 2010, Jean-Pierre Wager présente une personnalité étrange et solitaire. Il comparaît depuis hier devant la cour d’assises d’Indre-et-Loire pour des faits d’une extrême gravité. Mais, bizarrement, un petit sourire s’affiche sur son visage lorsque sont évoqués ses souvenirs d’enfance ou ses aventures avec différentes conquêtes féminines. Jean-Pierre Wager, 69 ans, est jugé pour l’assassinat, en janvier 2010, à Huismes, de ses voisins, Anicette et Jean-Marie Perroteau. Le 20 janvier, vers 19h38, le centre opérationnel de la gendarmerie avait reçu un étrange appel « Et bien voilà, j’habite à Huismes, expliquait au téléphone Jean-Pierre Wager. Il y a un scooter qui m’a foncé dedans, un gars qui s’appelle Perroteau. » Mais, lorsqu’ils sont arrivés à Huismes, les gendarmes ont surtout découvert les corps sans vie d’Anîcette et Jean-Marie Perroteau, tués l’un comme l’autre à l’arme blanche. Au domicile de Jean-Pierre Wager, les enquêteurs découvraient rapidement des écrits de celui-ci relatifs au conflit de voisinage qui l’opposait à Jean-Marie Perroteau depuis quelques semaines. Et une perquisition permettait de découvrir une dague effilée dotée d’une longue lame. L’arme du crime, manifestement. Un peu plus de deux ans plus tard, 1a cour
d’assises tente, depuis hier. de percer le mystère de ce double meurtre au mobile plutôt flou. La présidente Isabelle Raimbault a choisi d’aborder en premier la personnalité de l’accusé. Jean-Pierre Wager vivait, au moment des faits, seul dans sa maison envahie par les chats, 16, rue des Mésanges. L’homme dit apprécier la solitude, au point qu’il refuse de donner son numéro de téléphone à sa propre mère et à son frère. Ce dernier, Armand Wager, a, malgré tout, conservé de l’affection pour lui. “Je suis partagé entre la haine de ce qu’il a fait et la pitié que je ressens pour lui, expliquait-il, hier matin’ à la cour d’assises. Notre mère nous
a élevés dans la croyance. On allait au catéchisme. Mon frère n’a jamais été méchant avec personne, au contraire.” Armand Wager admet cependant qu’il avait un peu “honte” du mode de vie de Jean-Pierre.

IL FAISAIT LE TOUR DE MA MAISON

“L’enfance de l’accusé a été dépeinte, hier, comme plutôt heureuse, aux côtés d’une mère pieuse et courageuse. Et, pourtant, c’est un homme “vicieux” que décrivent les habitants de Huismes qui l’ont côtoyé avant son incarcération. “il était étrange, bizarre. racontait le voisin d’en face. Il faisait le tour de ma maison, s’en prenait à ma chienne…” Une autre habitante explique avoir retrouvé dans son jardin “des petites culottes”. Un autres racontent qu’il jetait des détritus chez ses voisins. Jean-Marie Perroteau, lui, s’était plaint à plusieurs reprises auprès de la mairie de Huismes et de l’assistante de I’Udaf chargée d’aider le couple des agissements de son voisin, évoquant même des actes de zoophilie commis par celui-ci sur son chien ou encore des propos à caractère sexuel au sujet de sa femme. Le couple Perroteau n’en pouvait plus. “j’ai appelé la gendarmerie de Chinon! le 19 janvier”, expliquait à la cour l’employée de
l’Udaf. Le lendemain, les époux Perroteau étaient morts

Caroline Devos