Les magistrats viennent d’alourdir la peine infligée à un retraité poursuivi pour “agression sexuelle par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction”. Cet homme de 66 ans demeure dans un village de Touraine. Les seconds juges ont aggravé la peine en la portant d’un an avec sursis à trois ans avec sursis. Ils ont inscrit la condamnation au fichier des délinquants sexuels. Atteinte de maux de ventre et de gorge, Anaïs* se rend chez un ami de ses parents. Ancien employé municipal, l’homme se dit également magnétiseur. Alors qu’elle se trouve chez lui, la jeune fille pense “se sentir en pleine confiance”. “Je vais te congeler”, lui déclare d’entrée le retraité avant d’initier des caresses. L’adolescente lui demande d’arrêter mais le magnétiseur continue et exhibe son sexe. A la barre de la cour d’appel, il martèle : “Elle semblait consentante” et livre un témoignage précis de la consultation. COMME UN MÉDECIN
Lors de sa garde à vue, il reconnaît “avoir été masturbé par la jeune fille”. “Je ne sais pas ce qu’il m’a pris et je lui demande pardon” “vous pensiez qu’elle était consentante?” lui demande le président. “Je ne me souviens plus!”
A son tour, la jeune fille témoigne : “Il a sorti son sexe. J’étais paralysée, je lui ai dit d’arrêter. Quatre ans après ce fait, je ne vais pas bien.” Pour elle, c’était un soignant comme un médecin… Il a abusé de sa fonction, plaide l’avocat de la jeune fille. Elle réclame 10000€ au titre de ses dommages et intérêts. “Le parquet à fait appel car il y a eu pénétration sexuelle et la circonstance aggravante doit être retenue. Nous sommes devant un dossier criminel et ce prévenu encourt une peine de sept ans de prison”, lance Catherine Dubost, l’avocate générale. Le magistrat propose quatre ans dont seulement deux assortis d’un sursis. Elle demande qu’il soit astreint à une obligation de soins et qu’il indemnise la victime. Défenseur du magnétiseur, maître Jean-Yves Leterme s’attache à présenter son client comme un honnête homme : “Il a aujourd’hui un réel remord et se trouve sur le chemin de la rédemption.” Le pénaliste demande que la peine infligée soit modérée “dans l’intérêt de tout le monde”. Les magistrats ont ordonné une expertise médicale de la victime afin de déterminer le préjudice et d’établir le montant des dommages et intérêts.

Renaud Domenici

*Anaïs est un prénom d’emprunt afin de préserver l’identité de la victime